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Le point de départ de la construction d’Espars est la sélection de mots thèmes (comme nous l'avions fait pour TOTEM). Cela évite la linéarité des pistes explorées et le côté feuilleton qui nous gonfle. Les quatre mots retenus le 08 avril : frontière, légende, jeu et carte. A partir de ces mots, la discussion a fait apparaître des bribes d'histoires, des idées, des situations et des personnages. Un premier cadre général est apparu, autour de l'explication de l'isolement d’Espars : les frontières floues... Ce qui suit est un répertoire des principales idées nées durant ce week-end.

mardi 27 novembre 2007


Le revenu


"L'académie ! J'y étais !… C'était là !…. Autour… mais … là ! Je… L'académie ! L'académie, j'y étais !"
Les yeux révulsés, la bave aux lèvres, il éructait à 4 pattes, moitié nu. Il semblait épuisé et n'avait que ce mot à la bouche: l'académie !
Je le connaissais. C'était un pauvre type du quartier de la Guiche. Vous savez, le quartier du nord, tout proche de la zone des frontières, le quartier pauvre quoi, autant le dire. On dit d'ailleurs que c'est dans ce quartier qu'il y a eu le plus de disparitions, puisque les frontières alentour arrivent parfois jusqu'aux faubourgs. Ce gars, il vient de là, je le sais, j'y ai habité longtemps. Je le connais parce qu'il traînait souvent dans les rues, y'en a beaucoup qui peuvent en témoigner. Un gars tout simple, un peu lourdaud, qui bricolait à droite à gauche, chez les uns et les autres. Il faisait tous les petits travaux: plomberie, électricité, menuiserie etc. Il paraît qu'il travaillait pas trop mal, et pour pas cher… Certains en abusaient en lui payant un coup par-ci par là, ça lui suffisait. On le voyait souvent hilare ou abruti, il devait abuser de choses et d'autres, affalé sur le pas de sa porte.
Je sais qu'il disparaissait parfois plusieurs jours d'affilée. Il laissait tout en plan, même les bricolages d'urgence qu'il avait promis. Hop ! Plus personne! Moi je me suis fait avoir une fois, une fuite dans la cuisine, je l'attendais pour midi alors que je l'avais vu 2 heures avant. Il est jamais venu. Et les gens du quartier m'ont confirmé que ça lui arrivait assez régulièrement. Personne n'a jamais su ce qu'il faisait durant ce temps. Longues saouleries ou travaux ailleurs, dans des quartiers qui payaient mieux ? Il faisait bien son petit boulot, mais on ne pouvait pas lui faire confiance pour les horaires, quoi…
Alors, disparaître complètement, fallait bien que ça lui arrive un jour. Ça faisait 2 ou 3 ans qu'on ne le voyait plus. Et d'habitude ses disparitions n'excédaient pas 3 ou 4 jours. N'habitant plus le quartier depuis 1 an à peu près, je n'ai jamais su s'il était revenu ou pas, mais je me suis toujours douté, comme beaucoup de gens, qu'il s'était fait "avoir" par une frontière. Il était pas bien malin et un jour de beuverie il avait sûrement traîné trop loin dans le terrain vague. On n'avait jamais retrouvé le corps, ni le moindre indice. Mais d'un autre coté, comme il n'avait pas de famille et pas vraiment de proches, personne n'avait dû signaler officiellement sa disparition. Il était parti, c'est tout, comme d'autres avant lui et comme d'autres après. Parti sans trop d'espoir qu'on le retrouve un jour.
On se doutait bien qu'il était "là-bas", mais je ne m'attendais pas à le voir revenir, surtout là, dans ce quartier, en face de la faculté des sciences. Il n'avait pas l'air d'avoir tellement changé, toujours aussi hagard… en plus triste peut-être…Il semblait avoir perdu quelque chose d'important. Et puis il était un peu mieux habillé, disons qu'il était habillé normalement alors qu'avant il portait des vieilles frusques que des gens lui donnaient. Mais il avait l'air toujours aussi saoul, le pauvre homme…
Lui ne m'a pas reconnu, il ne regardait d'ailleurs rien ni personne en particulier. Il avait l'air perdu quoi. Bref, la description habituelle que l'on fait des revenus. Mais lui avait l'air plutôt ivre et les autorités avaient hésité entre la cellule de dégrisement pour soiffards du dimanche et le ministère des frontières. Faut dire aussi que lorsque je le leur avais signalé, je leur avais raconté ce que je suis en train de vous raconter à vous. Pour moi c'était juste un brave poivrot et je ne pouvais pas me douter de la suite.
Quand la police est venue le chercher, elle a été surprise de me voir encore à ses cotés. D'habitude, ceux qui signalent les revenus partent avant son arrivée. Moi j'avais le temps ce jour-là et puis c'était quand même une drôle de coïncidence que celui qui signale un revenu le reconnaisse en même temps ! La police, d'ailleurs, avait l'air content, ça lui a fait gagner du temps, pour une fois. Elle a pu de suite axer son enquête sur le quartier de la Guiche. Et en effet j'ai vu débarquer rapidement, pendant que je faisais ma déposition, des gens que je croisais à l'époque et tous avaient l'air de le reconnaître.
Bien sûr, comme d'habitude, il avait fallu aux autorités, démêler le vrai du faux, l'absurde du cohérent, démasquer la cohorte –la majorité paraît-il- de ceux qui ne témoignaient que pour le plaisir de l'attention qu'on leur portait. Mais dans ce cas-là, ça avait été plus rapide, tous les témoignages se recoupaient et personne finalement –à part quelques olibrius vite confondus- n'avaient quelque chose de précis à raconter. Personne n'était un intime du pauvre gars, tout le monde avait eu affaire à lui pour de menus travaux, certains étaient des habitués, mais aucun ne le connaissait plus que ça. Il était plutôt agréable mais pas bavard. C'est tout.
Ainsi, les doutes habituels sur l'identité des revenus, avaient, dans ce cas, vite été dissipés. Paradoxalement, le flou sur son identité, le nombre de témoignages et le peu de détails de ceux-ci, apportaient la preuve qu'il s'agissait bien de cet innocent pochard de la Guiche, disparu –officieusement- depuis 3 ou 4 ans, on ne savait même plus… L'affaire semblait classée…
Alors, vous pensez bien que lorsqu'ils m'ont rappelé quelques jours après, pour "compléter ma déposition afin de finaliser l'enquête", comme ils m'ont dit, je me suis douté que l'affaire n'était pas encore tout à fait classée. Je supposais pourtant que le pauvre gars avait subi tous les interrogatoires d'usage, tous les tests et la batterie d'observations auxquels on a droit –paraît-il- dans ces cas-là. Je supposais qu'il avait, à ce moment-là, -ce devait être 6 jours après mon signalement si je me souviens bien- perdu définitivement ses souvenirs de "là-bas". C'est en tout cas ce qu'avait jusqu'à présent indiqué le ministère des frontières dans les rapports qu'il publiait sur les revenus : ceux-ci perdaient en général leurs souvenirs de "là-bas" dans les heures qui suivaient leur revenue à Espars, certains les conservaient exceptionnellement pendant 1 ou 2 jours, guère plus et encore de façon tellement diffuse qu'ils étaient en général inutilisables… et les revenus retrouvaient la vie civile peu de temps après tout en restant à la disposition du ministère.
Lui, non.
Ce complément de déposition n'a pas dû leur apporter grand chose. J'avais déjà tout déclaré. C'est vrai que ça ne paraît pas très détaillé, mais je vous le répète, ce gars était à la fois fréquenté par tout le monde et connu de personne. Il n'allait pas au café, faisait ses courses rarement et seul. Il ne bavardait pas, il venait, il était poli, plutôt souriant, mais il se contentait de faire ce pour quoi il était venu. Ni plus ni moins.
Alors ils m'ont encore interrogé sur les circonstances dans lesquelles je l'ai découvert. Il semblait sortir du hall de la faculté, il était assez tôt le matin, pas grand monde dans les rues. Je l'ai remarqué parce qu'il n'était pas très discret, il était agité, il criait presque et je suppose qu'un autre à ma place l'aurait remarqué aussi. Dès que je l'ai reconnu je suis bien sûr allé lui parler, mais il ne faisait pas vraiment attention à moi. J'ai alors appelé la police. Il s'est laissé embarquer sans aucune difficulté. Il continuait à parler de l'académie, d'où il disait venir. Mais ses propos restaient assez incohérents, hachés. La police bien sûr a vérifié en premier s'il pouvait sortir de la faculté des sciences, qui aurait pu correspondre, dans son délire, à la fameuse académie qui l'obsédait tant. Mais la faculté à cette heure-ci était fermée. Aucune trace d'effraction et le gardien n'avait rien remarqué d'anormal. J'étais encore présent sur les lieux quand ces vérifications ont été faites. Il semblait donc bien revenir de "là-bas"…
Il n'y a pas que moi à avoir été re-convoqué, ceux qui le connaissaient mieux, ses voisins, ceux qui avaient fait appel à ses services à plusieurs reprises, les commerçants de son quartier ; bref, tous ceux qui étaient susceptibles de pouvoir rajouter quelque chose aux témoignages déjà existants… quelque chose, mais quoi ? Il est vite devenu évident que ce revenu représentait une exception. C'était d'abord la première fois, depuis l'archivage officiel des revenus, que les autorités en gardaient un si longtemps, je ne vous apprends rien.
Voilà, à présent je n'en sais pas plus que vous. Cet homme, que je vous ai décrit comme un semi clochard, fait la une de l'actualité et semble être, d'ores et déjà, le revenu le plus intéressant d'Espars. Qu'a-t-il fait "là-bas" ? Qu'en a-t-il rapporté ? Que sait-il ? Qu'a-t-il appris aux autorités ? Qu'a-t-on le droit de savoir ?
Depuis 2 mois, ils le retiennent! Et rien ou presque n'a filtré! Un communiqué officiel a été publié au bout d'un mois car il devenait de plus en plus délicat pour le ministère de se taire sur ce cas. Il annonçait que le revenu en question, en raison du "caractère exceptionnel de son témoignage", devait être gardé en "observation pour un temps indéterminé" tout en étant fait membre à part entière de ce même ministère. On ne fait pas plus lapidaire et mystérieux que cela. Les autorités se sont montrées si maladroites que les rumeurs ont pris encore plus d'ampleur après ce communiqué.
Tout le monde y allait de son commentaire, les gens de la Guiche en premier, réclamant le retour de leur enfant prodigue. On affirmait que le revenu était le messie ou l'attendu, selon certaines sectes qui reprenaient de la vigueur grâce à cette affaire. On affirmait qu'il rapportait de "là-bas" un secret si important qu'Espars pouvait en être transformée du jour au lendemain, voire disparaître ou encore que ce secret permettrait à n'importe quel espartin d'accéder aux frontières sans aucun risque et de façon certaine, et bien d'autres choses encore. On commentait aussi le revenu lui-même : sa vie d'avant, à la Guiche, sans grand intérêt, devenait d'un coup extraordinaire, exemplaire ou au contraire diabolique, chacun y allant de ses révélations sur son exceptionnel dévouement ou ses vices insupportables, sur son physique angélique ou monstrueux.
En ce qui me concerne, je suis comme tout le monde, j'écoute ou plutôt j'entends mais j'ai du mal à réfréner ma curiosité. Tout en ayant bien conscience que ça n'a pas plus d'importance que ça, je me sens partie prenante, je suis celui qui l'a "revu"! Et le fait que vous m'interrogiez vous aussi, n'est pas fait pour m'aider à garder la tête froide…
Je sais bien qu'il n'avait rien d'exceptionnel avant, mais je ne peux m'empêcher de m'intéresser comme tout le monde à la rumeur qui paraît la mieux fondée : il serait revenu avec des facultés intellectuelles bien supérieures à la moyenne ! Il serait parti poivrot et serait revenu génie… oui, désolé, ça prête à sourire, mais avouez que dans mon cas ça intrigue… Avec tout ce que cela comporte comme conséquences, si la rumeur est fondée… ça veut dire que non seulement il est revenu avec une mémoire intacte mais qu'elle continue à l'être, et qu'alors il est le seul à pouvoir décrire et même expliquer "là-bas", ou alors, que s'il invente, il est assez fort pour intriguer les meilleurs scientifiques d'Espars alors que 3 ans auparavant il tenait à grand peine une conversation sur le temps qu'il fait ! Imagination ou mémoire, ça paraît de toute façon prodigieux ! Ce qui est sûr, c'est qu'il se passe quelque chose, mais quoi, je suis comme vous, j'aimerais le savoir.
Voilà, je vous ai tout dit, mais vous, puisque vous ne faites pas partie du ministère, vous dépendez de qui ?

dimanche 15 juillet 2007

Salut à tous. C'est David.

Je vous rappelle que vous êtes cordialement invités à Venosc à partir du 31 juillet.
A défaut d'imprimante,j'ai aspiré le site. Vive la technologie mais...

Mais je ne sais pas bien publier sous mon nom.

dimanche 17 juin 2007

A quand la réunion pour discuter plus sérieusement des textes & docs, après lecture approfondie !!!!
Plutôt semaine prochaine pour avoir le temps de lire.
Pour moi (semaine prochaine) : lundi, mardi, mercredi - sauf imprévus
ISTO

mercredi 13 juin 2007

VOICI LES 4 NOUVEAUX THEMES :


- Crime et pègre
- Arts et Lettres
- Fêtes et carnavals + Gastronomie (au bon vouloir de Darn !)
- Institutions

vendredi 25 mai 2007

Culte aquatique des frontières


Barque traditionnelle utilisée lors des passages de frontières aquatiques.

Le toit était alors décoré de mousses et de guirlandes de feuilles.


Photo ancienne, collection Zimmer.

Culte aquatique des frontières


Petit temple de passage, on remarque la porte inférieure qui aurait permis le passage d'un sortant.

Sa dernière utilisation daterait du milieu du siècle dernier.


Photo ancienne, collection Zimmer.

Culte sylvestre des frontières


Anciens totems nombreux dans les forêts des marches.

Selon les traditions orales ils avaient pour rôle de prévenir les passants de la proximité d'une frontière floue.

Daguerréotype, collection Zimmer.

samedi 19 mai 2007




dimanche 6 mai 2007

RV - MAI 2007

Rendez-vous pour le 1er bilan :
le lundi 07 mai 2007, à 21 h. sur MSN Messenger.

mercredi 2 mai 2007

LOTO

« Accueillons l’heureux Élu du Jour dont le nom est sorti de la Grande Urne, aujourd’hui. Je suis fier de vous serrer la main, Stéphane…
- Relevez-vous Monsieur Négui ! Le hasard m’a choisi mais je veux rester simple.
- Applaudissons un merveilleux Élu qui va bientôt connaître ce dont, tous, nous avons sûrement rêvé un jour… Comment comptez-vous mettre à profit ce Billet ?
- J’ai eu une vie assez chaotique, avec de nombreux accidents. J’ai longtemps vécu dans l’oisiveté, mes parents m’ont appris le mépris d’autrui et l’argent facile… Que voulez-vous… on ne refait pas son éducation ! Par bonheur, j’ai pu éviter les sanctions définitives et aujourd’hui, j’ai été choisi. Je souhaite pouvoir revenir à Espars et contribuer à sa prospérité, qui sait, peut-être en devenant un homme politique influent, un scientifique, un reconstitueur ou un désarchiviste, et pourquoi pas… un animateur d’émissions célèbre !
- Vous êtes merveilleux ! D’une drôlerie, d’un humour si esparien que je ne doute pas une seconde du succès de votre retour parmi nous ! Tous les Élus n’ont bien sûr pas votre trempe. Voici quelques mois, un de vos pairs a répondu qu’il offrait son Billet à sa femme en espérant qu’elle l’aurait oublié à son retour ! Une attitude affligeante que nombre d’entre nous avait condamné sans pouvoir rien y changer malheureusement… Mais, maintenant, place au jeu… Avez-vous une préférence ?
- C’est certain que je préfèrerais partir… en lisant. Oui, si on me laissait le choix, je prendrais Un gibet d’avance de Dominique D, une œuvre d’un grand humanisme, porteuse d’un espoir inimaginable.
- C’est parti ! Nous allons voir si le hasard vous a écouté ! »
La roue tourne, balayant plusieurs fois les innombrables possibilités offertes aux Partants-Revenants. Finalement, le curseur s’immobilise sur la case Alcool.
Visiblement au grand désespoir de l’Élu.
« Que se passe-t-il en ce moment dans votre tête, Stéphane ?
- Pas grand chose. Un grand trou noir… Je ne sais pas… Je vais peut-être renoncer. L’offrir à un ami…
- N’oubliez pas votre serment, prononcé devant tous : « Je souhaite pouvoir revenir à Espars et contribuer à sa prospérité. »
- J’ai horreur de l’alcool… Je ne supporte pas… je n’ai jamais tenu l’alcool. Dès le premier verre, je me mets à délirer…
- Bien sûr, avec un tel départ, votre retour risque d’être difficile… Mais, c’est le jeu, Stéphane, c’est le hasard, notre liberté et notre espoir à tous, car n’oublions pas, mes biens chers frères, que lorsque nous en avons assez du virtuel, JOUONS AU LOTO !

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Il vous reste quelques jours, Stéphane, pour vous préparer sereinement au départ. Nos conseillers vont vous prendre en charge dès votre sortie du plateau, ils vont vous entourer, vous soutenir s’il le faut, ils protègeront votre femme et vos enfants des spectacles dépravants que vous leur infligerez ; pour l’avenir, dès la semaine prochaine, ne craignez rien, nos équipes s’occupent de recaser votre épouse, de placer vos enfants, d’hypothéquer vos biens… Stéphane, une nouvelle vie commence pour vous… Bonne chance !
Nous accueillerons le nouveau Stéphane dans une semaine. L’horaire d’arrivée du train vous sera communiqué ultérieurement. Merci. A demain pour le Nouvel Elu. »

Anawak sabote !


mardi 1 mai 2007

Lettre ouverte aux Espariens



MAKE LOVE NOT WAR

Cela m’étonne toujours que des brochures de ce type-là puissent circuler et trouver du public à Espars. N’avez-vous pas encore compris qu’on est embarqué sur le même bateau, Espariens et Anawakiens ? N’avez-vous pas réalisé qu’Anawak est une Arche de Noé, reliée au monde Extérieur par Espars ? Tant que la densité de la population anawakienne et esparienne est inférieure à la densité de la population du monde Extérieur, notre Arche ne laissera s’échapper personne. La Loto pourra toujours vendre des allers-retours pour une durée prédéterminée, elle ne vendra jamais un ticket ouvert ou un aller simple.
Alors, vous savez maintenant ce que vous devez faire…Des enfants, toujours plus d’enfants. C’est eux la clé de notre liberté. Et puis, lisez un peu la mythologie anawakienne, cela vous apprendra des tas de choses !

John Lemon

Anawak vous ment !




L'ennemi est parmi nous !
Le danger Anawak règne, la peste libertaire gagne Espars, menaçant nos enfants, nos institutions, nos dogmes, propageant ses idées subversives et haïssables.
N'écoutez pas ce que certaines personnes vous disent !
La liberté n'existe pas !
Le bonheur n'existe pas !
Espars est notre seul horizon !
Espars est la liberté et le bonheur.
Fuyez les zones suspectes, les ghettos pauvres où pullulent les pègres anawakiennes, les mafias extérieures qui vivent aux frontières.
Seul le LOTO peut permettre l'évasion et la reconstruction légales.
En dehors du LOTO nul salut !
Toute personne suspectée de complicité avec l'espion anawakien doit être dénoncée.
Toute personne gagnée par la peste anawakienne est passible de mort.
Des tracts de propagande circulent encore parmi nous malgré les rafles et les exécutions de ces derniers jours. Nos comités nettoient la ville, brûlent les affiches et les livres de l'ennemi, détruisent les faux panneaux, les fausses publicités.
Il faut nettoyer les esprits.
Vive Espars ! Vive l'emprisonnement et le cachot !
Vive le C-C-L-V !
Vive Espars et ses enfants patriotes !
Morts à l'ennemi extérieur !

dimanche 29 avril 2007

Couverture de Jéghiar, l'enfant pauvre




N'OUBLIONS PAS DE NOUS RECONNECTER A MSN MESSENGER POUR LE RENDEZ-VOUS MENSUEL DU 08/05/2007 !!

A l'ordre du jour (ou de la nuit) :

- le bilan des textes écrits, des photos et autres documents sur Espars

- les liens à établir entre les différents éléments réalisés

- la sélection des nouveaux thèmes pour explorer d'autres facettes d'Espars

D'ici là, bonne lecture !
Bonne écriture. I.
Pourquoi l’ont-ils laissé là, tout seul ?
Il ne parvient pas à arracher son regard de l’écran lumineux. Des images incompréhensibles défilent devant ses yeux, dans un brouhaha incessant.
Les bruits viennent de sa tête. Les mêmes questions y résonnent sans cesse. C’est une cacophonie dont il doit émerger parce qu’il ne veut pas mourir.
Pourquoi l’ont-ils laissé là, tout seul ?
Où sont allés ses parents, en plein milieu de la nuit ?
Les parents ne partent pas en pleine nuit, en laissant leur gosse tout seul devant la télé. C’est son père qui l’a installé là, en début de soirée, en lui recommandant de bien être attentif.
« Tu me raconteras tout ce que tu as vu, fiston. Tu as bien compris ? Ne quitte pas l’écran des yeux et sois bien attentif. »
Le vacarme ressemble à celui de l’eau quand les collecteurs, pleins à ras bord, hurlent à travers tout le quartier la fureur des orages frontaliers. Il a si souvent écouté ces hurlements de déments, qui terrorisent tous les habitants des îlots, qu’il a appris à y distinguer différentes voix.
La troisième question apparaît enfin, sortant du brouillard inaudible.
Comment va-t-il sortir de la maison avant que la frontière ne l’engloutisse ?
Danger !
Sa vie ne tient qu’à un fil, celui qui le raccroche à Espars, le maintient à la surface. Qu’il le lâche, qu’il se rompe, il sera entraîné par la vague montante, et disloqué… Toutes les images des Fables de la Frontière resurgissent comme d’innombrables phares. A haute marée, la frontière emporte tout, rayant des îlots entiers, anéantissant des centaines de foyers dont il ne reste qu’une écume qui fond au jusant.
Il va disparaître. Ses parents l’ont sacrifié.
Il est le premier fils, celui dont le sacrifice assure une vie de prospérité à ses parents.
Il revoit leur visage. Et celui des damnés comme le décrivent les strophes les plus terribles des Fables. Le visage de ses parents s’efface. Un silence terrifiant est venu. C’est son souffle sûrement qui a dissous ses tympans. Des flashes photoniques crépitent encore. Les dernières images.
Jéghiar, l’enfant pauvre (p. 135 - 136) de Remort Parati.

vendredi 27 avril 2007

Chanson de la mère de Mina

Hier au soir je l’ai revu,
Mais ses yeux ne m’ont pas reconnu.
« Que me voulez-vous, Dame ?
Vous n’êtes pas mère de mon âme! »
Heureux ceux qui n’attendent que mille et un jour*,
Un sans-mémoire n’est jamais de Retour.


* A l’ origine, les voyages à Anawak duraient toujours mille et un jours.

mercredi 25 avril 2007

Article de journal : ATTENTION TRAVAUX

Le chantier de la Gare en ligne de mire

Avec les travaux de la Médiathèque, terminés récemment, ceux de la Gare représentent le deuxième grand chantier de la nouvelle Municipalité mais depuis quelques mois ce dernier suscite beaucoup d’interrogations.

A l’origine les travaux de restructuration prévoyant la construction d’un nouveau hall de gare étaient prévus pour durer six à sept mois mais, sans qu’aucune raison précise soient avancée par le Conseil, ils ont largement dépassé ces délais allant jusqu’à les tripler. Un retard de travaux, même de cette ampleur, n’a rien d’extraordinaire mais il a provoqué l’intérêt de notre Rédaction. Une enquête approfondie a permis de déterminer que le chantier a commencé, et continue à se poursuivre, dans des circonstances inhabituelles.

Voici les faits :
1 L’appel d’offre des travaux a été publié par la Mairie avec un délai notoirement insuffisant pour permettre aux entreprises de proposer des dossiers solides au Conseil municipal, celui-ci s’est alors tourné vers la seule société, l’ANCO domiciliée à Anawak, qui avait pu préparer un dossier étonnement complet.

2 La Rédaction n’a pu nouer aucun contact constructif avec les responsables de cette entreprise, ni dans leurs bureaux espartins, ni sur le chantier.

3 Aucun entretien n’a pu être fait non plus avec les ouvriers du chantier. Il s’est avéré qu’ils étaient soit des Revenants, soit des Touristes de l'extérieur ce qui est assez insolite.

4 Les entreprises sous-traitantes d’Espars qui fournissent le chantier notent que les demandes de matériel (béton, poutrelles métalliques…) dépassent largement les prévisions initiales.

5 Le chantier ne s’est jamais vraiment arrêté comme c’est souvent le cas lors de délais largement dépassés… au contraire on a plutôt noté une activité importante et soutenue.

6 Certains travaux se seraient poursuivis la nuit, malgré la législation en vigueur, et des voisins auraient alors vu des ouvriers démonter des éléments assemblés la veille… on pense à Pénélope défaisant sa tapisserie chaque nuit pour gagner du temps auprès de ses prétendants.

7 D’importants travaux seraient réalisés en sous-sol alors que sur les plans disponibles en Mairie il ne s’agirait que d’un parking souterrain de quatre niveaux.

A la lecture de ces faits des anomalies voire des irrégularités apparaissent régulièrement. Elles ne semblent pas dues au hasard mais au contraire suivent une certaine logique interne qui nous oblige à nous interroger sur la manière dont ont été mis en œuvre les travaux mais surtout sur les motivations mêmes du chantier. Un faisceau de présomptions ne constitue pas une preuve mais on peut espérer que l’Opposition du Conseil municipal proposera qu’une commission d’enquête soit réunie pour mettre fin aux rumeurs et aux légitimes interrogations.

lundi 23 avril 2007

Légende d’Orphée

Fils du roi Œagre et de la muse Calliope, Ophée était un excellent musicien. Ses chansons avaient la force de ressusciter les mémoires des Revenants.

Une nuit, alors qu’il se promenait dans la forêt avec sa femme Eurydice, celle-ci disparut soudainement. Orphée attendit en vaine qu’elle revienne, en essayant de ne pas écouter ceux qui lui rappelaient que :

« Les femmes qui disparaissent

Au milieu de la nuit

Y font toute leur vie ».

Jour après jour, il parcourait les rues, les champs, les forêts d’Espars, en jouant la chanson préférée de sa femme. Les jours passaient, mais Orphée ne perdait pas espoir. Il savait bien que les Revenants mettaient parfois beaucoup de temps à rejoindre la cité. Il arrivait aussi qu’ils soient hébergés voire séquestrés par des villageois espariens, avides d’être les premiers à entendre les récits sur le monde extérieur.

Finalement, Orphée arriva à la conclusion que sa bien-aimée avait été condamnée à passer sa vie à l’Extérieur et il décida de la rejoindre avant qu’il ne soit trop tard. Il prit sa lyre et se mit à parcourir jour et nuit les frontières mythiques d’Espars, jouant toujours la même lente mélopée. Enfin, il mit un pied au-delà des frontières et se retrouva sur une vaste péninsule. Il avait perdu sa mémoire, mais pas son talent de musicien. Ses mains se souvinrent tout de suite de la chanson préférée d’Eurydice et la musique lui redonna sa mémoire esparienne. Il se mit à parcourir la péninsule, en demandant aux gens s’ils n’avaient pas entendu parler d’une jeune femme sans mémoire qui aurait été retrouvée dans leurs contrées.

Au bout de quelques mois, une petite vieille l’approcha et pointa du doigt le palais du seigneur local. Orphée charma le prince avec ses chants et se fit engager comme musicien. Il attendit de rencontrer Eurydice en tête-à-tête et joua sa chanson. Sa femme retrouva tout de suite sa mémoire. La nuit venue, les époux quittèrent le château.

Mais dès le lendemain Orphée fut rappelé à Espars sans qu’Eurydice puisse le suivre. Sa tristesse était énorme. Néanmoins, il reprit ses balades le long des frontières légendaires d’Espars. Il réussit à passer une deuxième fois, mais cette fois-ci les gens de la péninsule n’étaient plus en mesure de lui donner des renseignements sur Eurydice. Alors, il rejoignit les Argonautes et parcourut le monde entier sur leur bateau, mais ses recherches restèrent infructueuses.

Il en déduit qu’elle avait franchi les frontières de l’Extérieur et qu’il fallait la chercher Ailleurs. Il se mit à chercher les seuils de l’Hades, jouant toujours la même chanson. Il trouva finalement la mort par les mains des Ménades, jalouses de son amour pour Eurydice. Comme il ne revint jamais des mondes souterrains, personne ne sait s’il y garda sa mémoire et s’il finit par y rejoindre son épouse.

Les paroles du chanteur esparien William Sheller sont évidemment inspirées par ce mythe.

La chanson lente (William Sheller)

Je jouerai cette chanson lente que tu aimes
A d'autres que toi
En d'autres endroits
Pour oublier que je bats de l'aile
Je jouerai pour le roi entre le fou et la reine
Pour les gens dans les bois et pour les dieux des fontaines
Et pour le simple souvenir de toi
Je jouerai de mémoire pour les anciens qui comprennent
Je jouerai où je vais d'où je viens ce qui m'amène
Et pour le simple souvenir de toi

Je chante au fil des mots comme ils me viennent
Avec d'autres voix
De si loin déjà
Qu'on ne les entend plus qu'à peine
Et je joue dans les rues fuyant le vent qui me gêne
Comme un enfant têtu lâchant la main qui l'entraîne
Pour le simple retenir de toi
Ce que je joue encore ce sont mes mains qui le tiennent
Moi j'ai perdu les accords dont elles se souviennent
Pour le simple revenir de toi

Le feu dans les doigts
Je jouerai tout bas
Cette chanson lente que tu aimes

Petit cours d’histoire esparienne

Les Revenants Légendaires
La particularité du territoire d’Espars (frontières floues) explique l’apparition d’un culte original lié au Passage, à l’origine accidentel, de ses frontières. Il y a deux siècles, avant que le train soit inventé à l’Extérieur, puis introduit à Espars, le passage des frontières ne pouvait être qu’accidentel ou du moins aléatoire et les séjours à l’Extérieur étaient toujours d’une durée incertaine.

Les Revenants apportaient des informations de l’Extérieur (idées politiques, conceptions religieuses, arts, artisanats, technologies, etc.). Selon le contexte, ils étaient considérés comme des messagers de Dieu… à moins d’être considérés comme des envoyés du Diable. Un Revenant pouvait faire la fortune ou la honte de sa famille.

Certaines de ces informations étaient si intéressantes de point de vu économique, que le Revenant s’enrichissait assez rapidement. Dans d’autres cas, le Revenant se mettait à la tête d’une espèce de secte dont l’enseignement était inspiré du monde Extérieur. L’histoire connaît des Revenants ayant marqué la vie des générations d’espariens.

Même s’ils avaient perdus leurs mémoires, certains des Revenants revenaient naturellement vers leurs familles espariennes, qui souvent ne savaient même pas que la personne était partie. Ils/elles retombaient amoureux /amoureuses de leurs femmes ou de leurs maris, renouaient avec leurs parents, leurs frères et sœurs. D’autres ne désirant pas forcément revenir vers leurs familles espariennes étaient quand même curieux de connaître leur passé esparien dont tout le monde parlait.
Certaines familles essayaient de gagner du pouvoir à travers leur Revenant (sectes, technologies, faux enseignements, etc.), d’extorquer de l’argent en échange des renseignements sur le passé du Revenant, etc.

Légendes
Le folklore esparien connaît des légendes émouvantes de disparition peu après un mariage (voir la légende d’Orphée). Des chansons racontent le chagrin des mères des Revenants, ayant entendu de la bouche de leurs enfants les mots : « Que voulez-vous, Dame ? » (voir la chanson de la mère de Mina).


Le Grand Revenant
Il y a un peu plus de cinq siècles, le Grand revenant revint de l’Extérieur avec une tablette en pierre.
« Nul n’est prophète en son pays,
Nul n’est prophète en son passé »


Une Théologie fut élaborée par ce Grand revenant.
Celle-ci repose sur deux principes fondamentaux :
- Le principe du dépaysement : les Revenants sont des incarnations de la volonté divine. Dieu veut qu’en perdant tout contact avec leur passé, ils deviennent dignes de connaître les secrets de l’Extérieur. Le désir des familles de reprendre contact avec un Revenant va à l’encontre de la Volonté divine. Y succomber est un péché.
- Le principe de l’humilité devant la volonté divine : Dieu choisit les Partants-Revenants. Un esparien ne peut pas refuser d’être le prophète de Dieu et il ne peut pas non plus l’être de sa propre volonté, le choix final reste à Dieu (principe du loto).

L’Eglise d’Espars
Fondé par le Grand revenant, cette institution se charge de prendre soin des Revenants tout en veillant au respect de la règle de dépaysement. Avant la Révolution des « Voyageurs », les Désarchivsites étaient une force de surveillance dépendante de l’Eglise.

Le bouddhisme esparien est à mi-chemin entre la religion et la philosophie.
Les bouddhistes ne jouent pas au Loto. Ils estiment que le départ à l’Extérieur n’est rien d’autre qu’une réincarnation supplémentaire et auto infligée, par laquelle l’individu multiplie ses attachements et ses souffrances.

Les religions monothéistes de l’Extérieur
En dépit des efforts de certains Revenants de répandre le Christianisme, l’Islam et le Judaïsme en Espars, les Espariens n’ont jamais adhéré à ces enseignements, ressentis comme trop éloignés de la réalité esparienne.

Un humanisme esparien apparut en réaction à la religion officielle:
Les humanistes défendaient l’idée que nul ne peut être élu sans être appelé. Il estimait que le droit à la reconstitution de la mémoire pour les athées ayant été victimes d’un passage accidentel à l’Extérieur est un droit naturel et inaliénable.


La Météorologie

Une science permettant une relative prévisibilité des fluctuations de frontières et rendant possible la prévention des passages accidentels. Voir également l’article sur la persécution des météorologues par des intégristes de la religion officielle.

Les Cheminots
Après l’invention du train à l’Extérieur, ils l’adaptèrent aux frontières d’Espars, de façon à ce que les retours de l’Extérieur ne puissent plus avoir lieu que par ce train. Ils contrôlèrent ensuite le séjour à durée déterminée.

La Révolution esparienne (Révolution des « Voyageurs »)
Celle-ci éclata peu après l’invention du départ prévisible (par le Train). Les « Voyageurs » étaient un groupe de jeunes qui revendiquaient le droit au voyage laïc allant de paire avec un droit inconditionnel à la reconstitution de la mémoire.

L’accord du 13 mars 979
- Séparation des Désarchivistes de l’Eglise ;
- Maintien de l’interdiction des voyages de loisir ;
- Respect du principe du dépaysement pour les gagnants au Loto et les croyants ayant passé la frontière de manière accidentelle ; en cas de passage accidentelle, les bouddhistes ont eux-aussi demandé d’être traités comme des croyants ;
- Droit à la reconstitution de la mémoire pour les athées ayant passé accidentellement la frontière ;
- Droit à l’Assurance récupération et reconstitution de la mémoire.