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Le point de départ de la construction d’Espars est la sélection de mots thèmes (comme nous l'avions fait pour TOTEM). Cela évite la linéarité des pistes explorées et le côté feuilleton qui nous gonfle. Les quatre mots retenus le 08 avril : frontière, légende, jeu et carte. A partir de ces mots, la discussion a fait apparaître des bribes d'histoires, des idées, des situations et des personnages. Un premier cadre général est apparu, autour de l'explication de l'isolement d’Espars : les frontières floues... Ce qui suit est un répertoire des principales idées nées durant ce week-end.

mardi 1 mai 2007

Lettre ouverte aux Espariens



MAKE LOVE NOT WAR

Cela m’étonne toujours que des brochures de ce type-là puissent circuler et trouver du public à Espars. N’avez-vous pas encore compris qu’on est embarqué sur le même bateau, Espariens et Anawakiens ? N’avez-vous pas réalisé qu’Anawak est une Arche de Noé, reliée au monde Extérieur par Espars ? Tant que la densité de la population anawakienne et esparienne est inférieure à la densité de la population du monde Extérieur, notre Arche ne laissera s’échapper personne. La Loto pourra toujours vendre des allers-retours pour une durée prédéterminée, elle ne vendra jamais un ticket ouvert ou un aller simple.
Alors, vous savez maintenant ce que vous devez faire…Des enfants, toujours plus d’enfants. C’est eux la clé de notre liberté. Et puis, lisez un peu la mythologie anawakienne, cela vous apprendra des tas de choses !

John Lemon

Anawak vous ment !




L'ennemi est parmi nous !
Le danger Anawak règne, la peste libertaire gagne Espars, menaçant nos enfants, nos institutions, nos dogmes, propageant ses idées subversives et haïssables.
N'écoutez pas ce que certaines personnes vous disent !
La liberté n'existe pas !
Le bonheur n'existe pas !
Espars est notre seul horizon !
Espars est la liberté et le bonheur.
Fuyez les zones suspectes, les ghettos pauvres où pullulent les pègres anawakiennes, les mafias extérieures qui vivent aux frontières.
Seul le LOTO peut permettre l'évasion et la reconstruction légales.
En dehors du LOTO nul salut !
Toute personne suspectée de complicité avec l'espion anawakien doit être dénoncée.
Toute personne gagnée par la peste anawakienne est passible de mort.
Des tracts de propagande circulent encore parmi nous malgré les rafles et les exécutions de ces derniers jours. Nos comités nettoient la ville, brûlent les affiches et les livres de l'ennemi, détruisent les faux panneaux, les fausses publicités.
Il faut nettoyer les esprits.
Vive Espars ! Vive l'emprisonnement et le cachot !
Vive le C-C-L-V !
Vive Espars et ses enfants patriotes !
Morts à l'ennemi extérieur !

dimanche 29 avril 2007

Couverture de Jéghiar, l'enfant pauvre




N'OUBLIONS PAS DE NOUS RECONNECTER A MSN MESSENGER POUR LE RENDEZ-VOUS MENSUEL DU 08/05/2007 !!

A l'ordre du jour (ou de la nuit) :

- le bilan des textes écrits, des photos et autres documents sur Espars

- les liens à établir entre les différents éléments réalisés

- la sélection des nouveaux thèmes pour explorer d'autres facettes d'Espars

D'ici là, bonne lecture !
Bonne écriture. I.
Pourquoi l’ont-ils laissé là, tout seul ?
Il ne parvient pas à arracher son regard de l’écran lumineux. Des images incompréhensibles défilent devant ses yeux, dans un brouhaha incessant.
Les bruits viennent de sa tête. Les mêmes questions y résonnent sans cesse. C’est une cacophonie dont il doit émerger parce qu’il ne veut pas mourir.
Pourquoi l’ont-ils laissé là, tout seul ?
Où sont allés ses parents, en plein milieu de la nuit ?
Les parents ne partent pas en pleine nuit, en laissant leur gosse tout seul devant la télé. C’est son père qui l’a installé là, en début de soirée, en lui recommandant de bien être attentif.
« Tu me raconteras tout ce que tu as vu, fiston. Tu as bien compris ? Ne quitte pas l’écran des yeux et sois bien attentif. »
Le vacarme ressemble à celui de l’eau quand les collecteurs, pleins à ras bord, hurlent à travers tout le quartier la fureur des orages frontaliers. Il a si souvent écouté ces hurlements de déments, qui terrorisent tous les habitants des îlots, qu’il a appris à y distinguer différentes voix.
La troisième question apparaît enfin, sortant du brouillard inaudible.
Comment va-t-il sortir de la maison avant que la frontière ne l’engloutisse ?
Danger !
Sa vie ne tient qu’à un fil, celui qui le raccroche à Espars, le maintient à la surface. Qu’il le lâche, qu’il se rompe, il sera entraîné par la vague montante, et disloqué… Toutes les images des Fables de la Frontière resurgissent comme d’innombrables phares. A haute marée, la frontière emporte tout, rayant des îlots entiers, anéantissant des centaines de foyers dont il ne reste qu’une écume qui fond au jusant.
Il va disparaître. Ses parents l’ont sacrifié.
Il est le premier fils, celui dont le sacrifice assure une vie de prospérité à ses parents.
Il revoit leur visage. Et celui des damnés comme le décrivent les strophes les plus terribles des Fables. Le visage de ses parents s’efface. Un silence terrifiant est venu. C’est son souffle sûrement qui a dissous ses tympans. Des flashes photoniques crépitent encore. Les dernières images.
Jéghiar, l’enfant pauvre (p. 135 - 136) de Remort Parati.

vendredi 27 avril 2007

Chanson de la mère de Mina

Hier au soir je l’ai revu,
Mais ses yeux ne m’ont pas reconnu.
« Que me voulez-vous, Dame ?
Vous n’êtes pas mère de mon âme! »
Heureux ceux qui n’attendent que mille et un jour*,
Un sans-mémoire n’est jamais de Retour.


* A l’ origine, les voyages à Anawak duraient toujours mille et un jours.

mercredi 25 avril 2007

Article de journal : ATTENTION TRAVAUX

Le chantier de la Gare en ligne de mire

Avec les travaux de la Médiathèque, terminés récemment, ceux de la Gare représentent le deuxième grand chantier de la nouvelle Municipalité mais depuis quelques mois ce dernier suscite beaucoup d’interrogations.

A l’origine les travaux de restructuration prévoyant la construction d’un nouveau hall de gare étaient prévus pour durer six à sept mois mais, sans qu’aucune raison précise soient avancée par le Conseil, ils ont largement dépassé ces délais allant jusqu’à les tripler. Un retard de travaux, même de cette ampleur, n’a rien d’extraordinaire mais il a provoqué l’intérêt de notre Rédaction. Une enquête approfondie a permis de déterminer que le chantier a commencé, et continue à se poursuivre, dans des circonstances inhabituelles.

Voici les faits :
1 L’appel d’offre des travaux a été publié par la Mairie avec un délai notoirement insuffisant pour permettre aux entreprises de proposer des dossiers solides au Conseil municipal, celui-ci s’est alors tourné vers la seule société, l’ANCO domiciliée à Anawak, qui avait pu préparer un dossier étonnement complet.

2 La Rédaction n’a pu nouer aucun contact constructif avec les responsables de cette entreprise, ni dans leurs bureaux espartins, ni sur le chantier.

3 Aucun entretien n’a pu être fait non plus avec les ouvriers du chantier. Il s’est avéré qu’ils étaient soit des Revenants, soit des Touristes de l'extérieur ce qui est assez insolite.

4 Les entreprises sous-traitantes d’Espars qui fournissent le chantier notent que les demandes de matériel (béton, poutrelles métalliques…) dépassent largement les prévisions initiales.

5 Le chantier ne s’est jamais vraiment arrêté comme c’est souvent le cas lors de délais largement dépassés… au contraire on a plutôt noté une activité importante et soutenue.

6 Certains travaux se seraient poursuivis la nuit, malgré la législation en vigueur, et des voisins auraient alors vu des ouvriers démonter des éléments assemblés la veille… on pense à Pénélope défaisant sa tapisserie chaque nuit pour gagner du temps auprès de ses prétendants.

7 D’importants travaux seraient réalisés en sous-sol alors que sur les plans disponibles en Mairie il ne s’agirait que d’un parking souterrain de quatre niveaux.

A la lecture de ces faits des anomalies voire des irrégularités apparaissent régulièrement. Elles ne semblent pas dues au hasard mais au contraire suivent une certaine logique interne qui nous oblige à nous interroger sur la manière dont ont été mis en œuvre les travaux mais surtout sur les motivations mêmes du chantier. Un faisceau de présomptions ne constitue pas une preuve mais on peut espérer que l’Opposition du Conseil municipal proposera qu’une commission d’enquête soit réunie pour mettre fin aux rumeurs et aux légitimes interrogations.